Le Prix Gasser 2012 sort de presse

Cette fin d’année est riche en sortie pour les Éditions G d’Encre. Après le très bel ouvrage de photo regarde-moi de Patrice Schreyer, c’est à l’ouvrage lauréat du Prix Gasser 2012 de sortir de presse.

A cette occasion, les deux auteurs,  résidant à Paris, reviennent dans la région pour participer à 2 dédicaces organisées dans les librairies Payot La Chaux-de-Fonds, et Payot Neuchâtel.

Inquiétants, ces automates. Les créer, n'est-ce pas jouer à être Dieu? "Le cinquième automate" est un thriller et une réflexion sur le temps. SP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

In L’Impartial, 30 novembre 2012

Claire-Lise-Droz

Magie, sorcellerie, plans défiant le temps, étrange mécanique « ayant des prédispositions pour l’éternité », malédiction planant sur la famille Jaquet-Droz… « Le cinquième automate », Prix Gasser 2012 et signé Sharon Kerman et Thierry Sayd, deux Parisiens férus d’horlogerie, vient de sortir de presse et sera dédicacé demain chez Payot.

Ce thriller historico-fantastique se déroule entre Genève, Neuchâtel ou La Chaux-de-Fonds. On y rencontre par exemple le conservateur du château des Monts. Les auteurs décrivent « le jeune directeur du musée du Locle connu pour son érudition joyeuse et sa Vespa rouge d’enfer », quoique Morghan Mootoosamy est rebaptisé Caetano Amado. Et, oui, Morghan Mootoosamy a bien une Vespa rouge, « c’est même mon moyen de locomotion préféré! » Il est d’ailleurs ami avec les deux auteurs: Sharon Kerman a notamment collaboré à plusieurs expos au sein du musée loclois . On retrouve aussi dans ces pages le génial automatier de Sainte-Croix François Junod, rebaptisé Francis Klopfenstein, « avec sa barbe de deux jours, ses cheveux châtain ébouriffés (…) Grand et plutôt maigre, il ne s’attardait pas aux tables des restaurants pour négocier ses contrats ».

Ces pages sont riches en va-et- vient entre la reine Marie-Antoinette et la Foire de Bâle, en passant par le Massachusetts Institute of Technology et le bar Johnson et Johnson à Neuchâtel (!) Le coeur de l’intrigue, ce sont ces légendaires automates Jaquet-Droz, la musicienne, l’écrivain, le dessinateur, la grotte (disparue mais attestée). Et ce mystérieux cinquième automate… On ne va pas dévoiler ce qu’il devait être, si ce n’est qu’il aurait pu faire capoter la Révolution française.

Dédicaces demain:

« Le cinquième automate », Sharon Kerman et Thierry Sayd, Editions G d’Encre. Dédicaces chez Payot demain, à La Chaux-de-Fonds de 11h à 13h30 et à Neuchâtel de 14h30 à 16h30.

 

Le cinquième automate / Sharon Kerman & Thierry Sayd – isbn 978-2-940501-07-6 – CHF 26.00

Ces regards qu’on ne voit pas

Par CATHERINE FAVRE

 

 

 

 

 

Les résidants des Perce-Neige, héros d’un livre et d’une exposition.

Parce que la différence dérange, parce qu’on ne veut pas voir leurs regards bouleversants d’humanité, Patrice Schreyer en a fait les stars silencieuses de son livre, « Regarde-moi », ouvrage co-édité par la fondation Les Perce-Neige et G d’encre.

Pour réaliser cette centaine d’images en noir et blanc, touchantes, poignantes, drôles aussi parfois et toujours singulières, le photographe de Fontainemelon s’est immergé durant plusieurs semaines dans la vie des résidants des Perce-Neige. Du lever au coucher, des salles de classe aux ateliers protégés, son appareil photo est devenu le témoin complice, amical, jamais intrusif, d’un quotidien étrangement familier.

Pour ce photographe de montagne et de sports extrêmes, la démarche s’avère inédite:  » J’avais l’habitude de photographier des athlètes sous un joli ciel bleu, de montrer des hommes et des femmes dans de belles performances. Techniquement, c’est assez pointu, mais humainement plutôt vide. Aux Perce-Neige, il fallait d’abord être là en tant qu’être humain, s’asseoir dans un coin, essayer d’être avec eux, leur toucher la main, attendre qu’ils m’acceptent. Ce qu’ils m’ont donné en retour est énorme « .

L’idée d’un tel travail a germé il y a près de 20 ans, alors qu’adolescent, ce fondu de grimpe accompagnait en randonnée des jeunes handicapés mentaux pour le compte du Club alpin suisse.  » Mais j’ai dû attendre d’avoir la maturité photographique nécessaire, de trouver la bonne distance.  » Après dix ans de reportage pour des revues spécialisées, entre deux mandats pour l’industrie, entre deux voyages en Islande – sa grande passion – le Neuchâtelois propose à l’institution des Hauts-Geneveys d’offrir un peu de son temps pour réaliser une série de 40 portraits. Quatorze d’entre eux font l’objet de l’exposition « (In) différence », présentée en février dernier au péristyle de l’Hôtel de ville à Neuchâtel, et depuis jeudi, au Club 44 à La Chaux-de-Fonds.

Le livre, « Regarde-moi », s’inscrit dans une démarche quelque peu différente dans le sens où le photographe est entré dans le monde des Perce-Neige, un monde qui avec ses 26 structures décentralisées dans tout le canton, ne se résume pas aux Hauts-Geneveys et encore moins au handicap de la trisomie.

Toute la force du travail de Patrice Schreyer est là, dans ces scènes du quotidien. Ce sont avant tout des enfants, des adolescents, des adultes et des aînés qu’il photographie  » sans cacher leur handicap, mais sans angélisme non plus « . Car ce monde de rires, de tendresse et de petits drames presque ordinaires, c’est aussi le nôtre. Tel est le message délivré sans pathos, ni didactisme aucun.

REPERES

LE LIVRE « Regarde-moi », 100 photographies de Patrice Schreyer, éditions G d’encre, disponible en édition de luxe (couverture toilée, tirage de 300 exemplaires numérotés) ou en version simple.

L’EXPOSITION  » (In) différence », Club 44, La Chaux-de-Fonds, jusqu’au 19 décembre.

LE PHOTOGRAPHE Spécialisé dans les portraits d’entreprises, Patrice Schreyer, 39 ans, s’est aussi illustré dans la photographie outdoor pour la presse européenne, tout en poursuivant un travail artistique personnel (www.patriceschreyer.com/art).

 

 

In L’impartial du 10 novembre 2012