Jean-Paul Bourdin

Jean-Paul Bourdin

Jean-Paul Bourdin recense les artisans de l’horlogerie du 17e au 20e siècle dans un impressionnant pavé de 700 pages.

Ce passionné de belle horlogerie et d’archives, officier de l’état civil de la Ville du Locle durant 42 ans, a consacré quelque 700 pages pour recenser les « Fabricants et horlogers loclois, marques et branches annexes. Répertoire du XVIIe-XXe siècle ».

Durant des dizaines d’années, Jean-Paul Bourdin a recherché inlassablement des éléments tirés d’archives, de collections privées, de la presse régionale de l’époque, de catalogues, brochures, programmes d’exposition etc. afin de mieux connaître celles et ceux qui ont été les artisans de cette extraordinaire science horlogère aujourd’hui reconnue dans le monde entier.

Comparée à la précédente édition de 2005, cette publication-ci est enrichie de nombreuses données relatives aux personnes et entreprises locloises actives dans l’horlogerie et branches annexes. « Environ un tiers de nouveautés et des centaines d’adresses » , précise l’auteur. Ainsi que quelque 400 images, correspondances, portraits, cartes postales, etc.

Tiré à 750 exemplaires par les éditions G d’Encre, l’ouvrage sera présenté dans de nombreux salons du livre, à Genève, Paris ou encore Bruxelles. On le trouve dès aujourd’hui en librairie.

par Jean-Paul Bourdin, aux éditions G d’Encre, souscriptions jusqu’au 30 juin au prix de 45 fr. à partir du 1er juillet 2012, au prix de 55 fr.

 

L’Impartial, vendredi 30 mars 2012

 

« La Fonda, c’est ma maison »
Ethnographie d’un internat éducatif
Marc-Olivier Gonseth et Denise Wenger

Jeudi 13 décembre 20h15 – Dialogue

au Club 44

Quel rôle un internat d’éducation joue-t-il dans la société d’aujourd’hui pour des adolescents placés en institution ? Ces jeunes y trouvent-ils un endroit approprié pour quitter l’enfance et entrer dans l’âge adulte ? Comment l’institution s’organise-t-elle pour donner les outils nécessaires à la réintégration d’adultes en devenir, parfois déboussolés ? Avec force courage et humilité, la Fondation J. & M. Sandoz a demandé à l’ethnographe Denise Wenger, sous le patronage du Musée d’ethnographie de Neuchâtel, d’analyser les fonctionnements d’une institution qui souffle ses 40 bougies. Le parcours passionnant et touchant des résidents tend, forcément, un miroir à notre société et ses valeurs, en montrant toute la pertinence de l’approche ethnologique.

Ethnologue de formation, Marc-Olivier Gonseth dirige le Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN) depuis le 1er mars 2006. A l’extérieur du MEN, il a notamment coréalisé la première exposition du Musée de la Main à Lausanne (Jeux de mains, 1995-1997) avec Ninian Hubert van Blijenburgh et l’exposition permanente du Musée des moulins souterrains du Col-des-Roches (La grotte retrouvée, 2000-2001) avec Viviane Müller, Orlando Orlandini, Nicolas Yazgi et Jean-Pierre Zaugg. Il vient d’inaugurer avec son équipe une exposition sur l’usage de l’image en anthropologie intitulée Hors-champs ainsi qu’une réflexion sur le thème du musée dans le dernier Blake et Mortimer intitulée Les fantômes des collections.

Denise Wenger est diplômée de l’Institut d’ethnologie de Neuchâtel. Outre son intérêt prononcé pour l’éducation, elle a travaillé dans le champ de l’expographie, notamment au MEN, et dans celui de la mise en valeur d’objets ethnographiques, en particulier polynésiens.

Conférence présentée dans le cadre des 40 ans de la Fondation J. & M. Sandoz (www.lafonda.org) et en collaboration avec la librairie La Méridienne.

Entrée CHF 15.- / AVS, AI, chômeurs CHF 10.- / étudiants CHF 5.-
Membres du Club 44 : entrée libre.

« La Fonda, c’est ma maison » : ethnographie d’un internat éducatif  de Denise Wenger, Fondation J. & M. Sandoz, avec la collaboration du Musée d’ethnographie de Neuchâtel, Editions G d’Encre, Le Locle, 2012, 109 pages, nombreuses illustrations. Fr. 32.–

Les corporations se dévoilent

Par JACQUES GIRARD

Un livre pour découvrir l’étonnante histoire des nobles compagnies.

Noble Compagnie des Mousquetaires, Noble Rue des Halles, Moulins et Château, Noble Rue des Chavannes et Neubourg, Noble et Vertueuse Compagnie des marchands: les corporations de la ville de Neuchâtel portent des noms délicieusement évocateurs. Elles sont douze à témoigner aujourd’hui encore de ce qui fut, un fil des siècles, une réalité historique majeure dans la vie de la cité. Présenté hier, un ouvrage original, dû aux historiens Patrice Allanfranchini et Olivier Girardbille, vient jeter un jour nouveau sur ces institutions souvent peu connues.

L’ouvrage porte sur la période allant de la fin du 15e siècle à nos jours. Certaines corporations sont plus anciennes, mais les documents relatifs à ces époques font défaut, les malheurs n’ayant pas épargné la ville de Neuchâtel.

Ainsi, explique Patrice Allanfranchini, un incendie par forte bise ravage en 1450 plusieurs quartiers, dévastant l’Hôtel de ville et ses archives. En 1579, une violente crue du Seyon emporte l’Hôtel de ville reconstruit, entraînant les archives dans le lac. Si les archives publiques sont bien connues, les deux auteurs ont pu bénéficier de l’ouverture d’un grand nombre de fonds documentaires privés ou provenant des corporations elles-mêmes, un apport déterminant qui donne son caractère novateur à l’ouvrage préfacé par Jean-Pierre Jelmini. « C’est une nouvelle approche de l’historiographie neuchâteloise », commente Patrice Allanfranchini.

Les membres des corporations – de rues, de métiers ou militaires – sont très proches des instances dirigeantes dont ils font souvent partie. Jusqu’à la fin du 17e siècle, les intérêts de la ville et ceux des corporations convergent. Les métiers sont ainsi régulés, définissant les rapports professionnels, protégeant la qualité des produits et limitant la concurrence.

Mais ce qui fut longtemps une force, devint une faiblesse au 18e siècle. Les corporations, s’arc-boutant sur leurs privilèges, peinent à s’adapter aux changements de la société. A l’exception notable de la Compagnie des marchands, qui se transforme en Chambre de commerce dès le 19e siècle.

La fin des privilèges

Paradoxalement, poursuit Patrice Allanfranchini, Neuchâtel connaît un rayonnement important, profitant de son statut de principauté liée à la maison royale de Prusse, mais elle conserve à l’interne des structures protectionnistes. L’indiennage, le commerce de la dentelle ou l’horlogerie vont par conséquent se développer en dehors de la ville, mais ces premiers établissements industriels seront bel et bien financés par des capitaux provenant de la bourgeoisie!

L’entrée de Neuchâtel dans la Confédération, en 1814, mettra un terme aux privilèges, alors que la révolution de 1848 va imposer le droit fédéral, qui l’emportera sur les coutumes locales. Les corporations deviennent alors de simples associations.

Désireuses de marquer davantage leur présence, les corporations ont créé en 2009 une Association faîtière présidée par Jean-Jacques de Reynier, dont l’un des buts était d’éditer un ouvrage sur l’histoire de ces compagnies. C’est désormais chose faite. L’ouvrage, enrichi de nombreuses illustrations originales, a été entièrement financé par des dons provenant d’institutions, d’entreprises, de fondations ou de personnes privées.

Neuchâtel et ses anciennes corporations / Patrice Allanfranchini et Olivier Girardbille, 240 pages, éditions G d’Encre, Le Locle, Gasser imprimeur. Prix: 62 francs. Dédicace à la librairie Payot, à Neuchâtel, jeudi 20 décembre, de 17h à 19h.

Des marrons et des bordes

Avec, à l’origine, un puis deux « r », les marrons sont de « petites indemnités pécuniaires versées à ceux qui assistent aux séances d’un Conseil ou à une assemblée et prélevée dans la caisse de la commune » . C’était donc un jeton de présence. Mais son montant fluctue en fonction des résultats. Les marrons représentent une participation proportionnelle aux revenus, variables, de la corporation. Ce montant est versé à ceux qui ont qualité de bourgeois et qui résident dans la ville.

Le fonctionnement de ces institutions était relativement démocratique. Le maître de la corporation était notamment tenu de rendre des comptes fidèles de l’exercice écoulé à l’assemblée. Cette charge était redoutée. En cas de pertes, le maître était en effet responsable sur ses propres deniers.

Supprimées en 1811, les bordes sont une fête des rues au cours de laquelle on faisait des cortèges et des repas en commun. La Ville est partie prenante, autorisant ces festivités, qui ont un caractère militaire. Les membres des Rues ont l’obligation d’être présents au défilé, l’épée au côté. Ils sont amendés s’ils manquent le cortège.

Mais la Ville fournit aussi du vin. En 1581, elle remet un muid de vin à chaque grande Rue et un demi-muid à chaque petite. Or un muid équivaut à 364 litres. Quant aux festins, ils comprenaient poules, chapons, oies, dindes, chevreaux, langues de boeuf, veau, poissons, sans compter les oeufs, les fruits, le beurre, le lard… et les verres cassés. La dépense était énorme. Un règlement ultérieur, plus restrictif, indique que la Ville s’engageait à fournir un pot de vin par convive, ce qui faisait tout de même 1,83 litre!

 

In L’Express, le 11 décembre 2012

Olivier Girardbille et Patrice Allanfranchini (de gauche à droite). Les deux historiens ont pu s'appuyer sur de nombreux documents originaux provenant de fonds documentaires privés. Ils ont ainsi renouvelé l'approche du sujet. DAVID MARCHON

Au bonheur des enfoirés

Dans carnets de JLK du 10.04.2012

J’ai choisi de publier cette anecdote pour qu’il en reste une autre trace écrite que le courriel énervé de mon éditeur. Quelques jours plus tard, nous nous sommes retrouvés au Locle chez l’imprimeur Louis–Georges Gasser, le type même du maître-artisan comme je les aime, et c’est en toute tranquillité que nous avons procédé ensemble, avec l’aide d’une jeune vestale de la Typo au prénom d’Ingrid, aux dernières corrections de mes Chemins de traverse.  Or je me réjouis de sa parution comme de celle de mon premier livre. La superbe lettre-postface de Jean Ziegler, excessivement louangeuse à mon goût mais généreuse et sincère, ajoute à notre bonheur partagé d’enfoirés convaincus de vivre ensemble une belle aventure. Et ce n’est pas tout : le deuxième livre de Quentin Mouron, meilleur encore que le premier, paraîtra en août prochain. Son titre est Notre-Dame-de-la-Merci. C’est un bref roman de poète réaliste au verbe merveilleusement ajusté et à l’empathie humaine sans faille, comme d’un fiston de Tchekhov ou de Raymond Carver. Et c’est ainsi que le kangourou rebondit !

http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2012/04/10/au-bonheur-des-enfoires.html

 

« Un véritable coming out du chômeur »

in L’express

Par JACQUES GIRARD

L’Association pour la défense des chômeurs de Neuchâtel édite un ouvrage de 72 pages qu’elle présentera jeudi en musique. Thierry Feuz, licencié à plus de 50 ans, y témoigne. Récit.

« J’ai vu plus de chômeurs devenir malades à force d’être obnubilés par leurs recherches d’emploi que de chômeurs heureux de se croiser les orteils », s’exclame Thierry Faux. Et il sait de quoi il parle. Licencié abusivement à plus de 50 ans, il vient de retrouver un emploi à durée déterminée, après d’interminables mois de démarches. Son témoignage, avec ceux d’une vingtaine d’autres personnes nourrit l’ouvrage que l’Association pour la défense des chômeurs de Neuchâtel (ADCN) s’apprête à dévoiler jeudi pour fêter ses trente ans d’existence (lire l’encadré).

« Après un licenciement », poursuit Thierry Faux, « on se retrouve confronté à une série d’exigences légales et administratives qui sont souvent complexes. A cet égard le soutien logistique d’une association comme l’ADCN est essentiel. Mais, surtout, on y trouve ce que nulle autre organisation ne peut offrir, un contact personnel, un dialogue d’être humain à être humain ».

Thierry Faux, pourtant, ne se sent pas culpabilisé. « Je sais que le système capitaliste est ainsi, et que certains se retrouvent à la rue alors qu’ils ne l’ont manifestement pas mérité ». Et, insiste-t-il, il y a une assurance chômage. Celle-ci ne relève pas de la charité, elle fonctionne comme les autres assurances, puisque les travailleurs cotisent.

Pourtant les préjugés à l’égard des chômeurs ont la vie dure. L’image du chômeur-profiteur est profondément inscrite dans les esprits. Et c’est tout le tissu des relations sociales qui peut se défaire, avec la perte des amis, et l’éclatement des couples.

« Finalement, dans la plupart des cas, on se retrouve seul. Pour ceux qui sont timides ou qui éprouvent de la honte d’être au chômage, c’est encore plus dur ».

Une solution, le réseau

Retrouver un emploi n’a rien d’une sinécure. « A plus de 50 ans, j’ai envoyé dix mois durant quantité de dossiers. Je n’ai obtenu que deux entretiens, dont l’un avec le patron d’une entreprise qui ne m’assurait aucun revenu fixe. Or j’ai des enfants à charge. »

Finalement, c’est le réseau de relations personnelles qui s’est révélé déterminant. C’est grâce à la recommandation d’une connaissance à un patron ami que Thierry Faux a retrouvé un emploi. « Dans ces circonstances, l’ADCN m’a permis de garder mon élan. Sur le plan psychologique, c’est essentiel ».

L’élaboration de l’ouvrage collectif édité pour les trente ans de l’ADCN a aussi été une expérience marquante pour l’Association. « Les gens ont eu du mal à témoigner », explique Thierry Faux, « ils éprouvaient une crainte de se livrer face à l’image que le public a du chômeur et que le chômeur a de lui-même. Or la perte de confiance en soi est un des effets les plus pernicieux du chômage ».

La peur de se dévoiler

« Tous les témoins voulaient conserver l’anonymat », enchaîne Aïcha Brugger, permanente de l’ADCN et responsable de cette publication. « Mais, après discussion, ils ont repris confiance et finalement, il n’y aura qu’un seul témoignage sous anonymat, pour des raisons particulières. » « C’est un véritable coming out du chômeur », commente Thierry Faux. Ce livre de 72 pages, entièrement financé par des dons, sera en vente dans les librairies. Il se veut d’une esthétique soignée. « Nous voulons aussi toucher le lecteur par un aspect plaisant, ce n’est pas parce que l’on parle du chômage qu’il faut faire dans le misérabilisme. Le beau est aussi une façon de redonner goût à l’existence », explique Aïcha Brugger.

Des préjugés tenaces

Les têtes de chapitre de l’ouvrage, qui représente une année de travail, illustrent chacune un préjugé couramment répandu, comme « Le chômeur est un voleur ». Des auteurs connus, sociologues, psychologues, artistes et même patrons – tous collaborateurs à titre gracieux – dissèquent ensuite ce cliché. Puis viennent les témoignages de chômeurs. Quelques textes libres complètent l’ensemble. « Les préjugés sont fondés sur l’ignorance », continue Thierry Faux, « ils ne sont pas le reflet de la réalité. Plus de 90%, des chômeurs souffrent, et la plupart ne sont pas responsables de la perte de leur emploi. Ce livre est un porte-voix ». Le choix des témoins se veut représentatif: des hommes, des femmes, des jeunes, des plus âgés, des migrants, des non diplômés et des personnes qui ont suivi une formation supérieure y expliquent leur difficile parcours sur le chemin de l’emploi.

Chômage : petit recueil de préjugés

 

 

Un livre, une fête

Intitulé « Chômage, petit recueil de préjugés », l’ouvrage édité par l’ADCN pour fêter ses trente ans d’existence sera présenté aux membres de l’Association, mais aussi au public, jeudi 6 décembre dès 18h au Queen Kong Café de la Case à chocs, à Neuchâtel.

Plusieurs intervenants prendront la parole, dont le président du Grand Conseil, Cédric Dupraz, Christine Gaillard, conseillère communale à Neuchâtel, et Corinne Dupasquier, présidente de l’ADCN. Thierry Faux s’y exprimera également.

Après un cocktail, la soirée se terminera sur deux concerts, dès 20h15, avec The Labrats Bugband, un groupe suisse, et ZEP Zone d’expression populaire, un groupe français.

 

 

 

Chômage : petit recueil de préjugés / ADCN, collectif – isbn 978-2-940501-08-3 – CHF 32.00