Musiques de Nuits

Musique_de_nuitDurant une saison, l’Ensemble Symphonique Neuchâtel (ESN) a accueilli le photographe Xavier Voirol en résidence. Il en résulte un ouvrage fascinant, une plongée dans un monde intérieur d’où émergent des Hommes pétris de silence : la musique se regarde. Et les images s’écoutent. Musiques de nuits était le titre de la saison 2012-2013 de l’ESN. Voirol s’empare de lui pour faire surgir de la pénombre des formes aussi puissantes que mystérieuses. Des temps cachés d’ordinaire, portés ici par une lumière saisissante. Aux images se juxtaposent des textes de Thomas Sandoz. L’ouvrage est publié par l’Association des Amis de l’ESN et les Editions G d’Encre.

Ce très bel ouvrage de photographie a été verni lors du premier concert de l’Ensemble Symphonique Neuchâtel, le 11 novembre 2014.

Musiques de Nuits / Photographies : Xavier Voirol – Textes : Thomas Sandoz – Editions G d’Encre, 2014 –  80 pages
ISBN 978-2-940501-30-4
CHF 48.-

Fleurs de Pharaons : parures funéraires en Egypte antique, c’est le titre de l’exposition en cours au  Latenium à Neuchâtel, mais c’est aussi le titre du catalogue de l’exposition. Ce très bel ouvrage de 164 pages, richement illustré, vient de sortir de presse ! Il présente de nombreuses illustrations provenant de l’exposition, ainsi que des explications détaillées sur la botanique, l’archéologie, l’histoire des sciences et l’égyptologie…

 

Pour accompagner cette exposition incroyable, il fallait une belle réalisation, tant par le contenu que par la réalisation, c’est pourquoi un papier Tatami white a été choisi pour les pages intérieures et la couverture. Ce papier très blanc et légèrement irisé met en valeur les illustrations actuelles ou d’archives comme le texte.

Cet ouvrage est disponible sur le catalogue de l’Office cantonal d’archéologie.

Les corporations se dévoilent

Par JACQUES GIRARD

Un livre pour découvrir l’étonnante histoire des nobles compagnies.

Noble Compagnie des Mousquetaires, Noble Rue des Halles, Moulins et Château, Noble Rue des Chavannes et Neubourg, Noble et Vertueuse Compagnie des marchands: les corporations de la ville de Neuchâtel portent des noms délicieusement évocateurs. Elles sont douze à témoigner aujourd’hui encore de ce qui fut, un fil des siècles, une réalité historique majeure dans la vie de la cité. Présenté hier, un ouvrage original, dû aux historiens Patrice Allanfranchini et Olivier Girardbille, vient jeter un jour nouveau sur ces institutions souvent peu connues.

L’ouvrage porte sur la période allant de la fin du 15e siècle à nos jours. Certaines corporations sont plus anciennes, mais les documents relatifs à ces époques font défaut, les malheurs n’ayant pas épargné la ville de Neuchâtel.

Ainsi, explique Patrice Allanfranchini, un incendie par forte bise ravage en 1450 plusieurs quartiers, dévastant l’Hôtel de ville et ses archives. En 1579, une violente crue du Seyon emporte l’Hôtel de ville reconstruit, entraînant les archives dans le lac. Si les archives publiques sont bien connues, les deux auteurs ont pu bénéficier de l’ouverture d’un grand nombre de fonds documentaires privés ou provenant des corporations elles-mêmes, un apport déterminant qui donne son caractère novateur à l’ouvrage préfacé par Jean-Pierre Jelmini. « C’est une nouvelle approche de l’historiographie neuchâteloise », commente Patrice Allanfranchini.

Les membres des corporations – de rues, de métiers ou militaires – sont très proches des instances dirigeantes dont ils font souvent partie. Jusqu’à la fin du 17e siècle, les intérêts de la ville et ceux des corporations convergent. Les métiers sont ainsi régulés, définissant les rapports professionnels, protégeant la qualité des produits et limitant la concurrence.

Mais ce qui fut longtemps une force, devint une faiblesse au 18e siècle. Les corporations, s’arc-boutant sur leurs privilèges, peinent à s’adapter aux changements de la société. A l’exception notable de la Compagnie des marchands, qui se transforme en Chambre de commerce dès le 19e siècle.

La fin des privilèges

Paradoxalement, poursuit Patrice Allanfranchini, Neuchâtel connaît un rayonnement important, profitant de son statut de principauté liée à la maison royale de Prusse, mais elle conserve à l’interne des structures protectionnistes. L’indiennage, le commerce de la dentelle ou l’horlogerie vont par conséquent se développer en dehors de la ville, mais ces premiers établissements industriels seront bel et bien financés par des capitaux provenant de la bourgeoisie!

L’entrée de Neuchâtel dans la Confédération, en 1814, mettra un terme aux privilèges, alors que la révolution de 1848 va imposer le droit fédéral, qui l’emportera sur les coutumes locales. Les corporations deviennent alors de simples associations.

Désireuses de marquer davantage leur présence, les corporations ont créé en 2009 une Association faîtière présidée par Jean-Jacques de Reynier, dont l’un des buts était d’éditer un ouvrage sur l’histoire de ces compagnies. C’est désormais chose faite. L’ouvrage, enrichi de nombreuses illustrations originales, a été entièrement financé par des dons provenant d’institutions, d’entreprises, de fondations ou de personnes privées.

Neuchâtel et ses anciennes corporations / Patrice Allanfranchini et Olivier Girardbille, 240 pages, éditions G d’Encre, Le Locle, Gasser imprimeur. Prix: 62 francs. Dédicace à la librairie Payot, à Neuchâtel, jeudi 20 décembre, de 17h à 19h.

Des marrons et des bordes

Avec, à l’origine, un puis deux « r », les marrons sont de « petites indemnités pécuniaires versées à ceux qui assistent aux séances d’un Conseil ou à une assemblée et prélevée dans la caisse de la commune » . C’était donc un jeton de présence. Mais son montant fluctue en fonction des résultats. Les marrons représentent une participation proportionnelle aux revenus, variables, de la corporation. Ce montant est versé à ceux qui ont qualité de bourgeois et qui résident dans la ville.

Le fonctionnement de ces institutions était relativement démocratique. Le maître de la corporation était notamment tenu de rendre des comptes fidèles de l’exercice écoulé à l’assemblée. Cette charge était redoutée. En cas de pertes, le maître était en effet responsable sur ses propres deniers.

Supprimées en 1811, les bordes sont une fête des rues au cours de laquelle on faisait des cortèges et des repas en commun. La Ville est partie prenante, autorisant ces festivités, qui ont un caractère militaire. Les membres des Rues ont l’obligation d’être présents au défilé, l’épée au côté. Ils sont amendés s’ils manquent le cortège.

Mais la Ville fournit aussi du vin. En 1581, elle remet un muid de vin à chaque grande Rue et un demi-muid à chaque petite. Or un muid équivaut à 364 litres. Quant aux festins, ils comprenaient poules, chapons, oies, dindes, chevreaux, langues de boeuf, veau, poissons, sans compter les oeufs, les fruits, le beurre, le lard… et les verres cassés. La dépense était énorme. Un règlement ultérieur, plus restrictif, indique que la Ville s’engageait à fournir un pot de vin par convive, ce qui faisait tout de même 1,83 litre!

 

In L’Express, le 11 décembre 2012

Olivier Girardbille et Patrice Allanfranchini (de gauche à droite). Les deux historiens ont pu s'appuyer sur de nombreux documents originaux provenant de fonds documentaires privés. Ils ont ainsi renouvelé l'approche du sujet. DAVID MARCHON

Ces regards qu’on ne voit pas

Par CATHERINE FAVRE

 

 

 

 

 

Les résidants des Perce-Neige, héros d’un livre et d’une exposition.

Parce que la différence dérange, parce qu’on ne veut pas voir leurs regards bouleversants d’humanité, Patrice Schreyer en a fait les stars silencieuses de son livre, « Regarde-moi », ouvrage co-édité par la fondation Les Perce-Neige et G d’encre.

Pour réaliser cette centaine d’images en noir et blanc, touchantes, poignantes, drôles aussi parfois et toujours singulières, le photographe de Fontainemelon s’est immergé durant plusieurs semaines dans la vie des résidants des Perce-Neige. Du lever au coucher, des salles de classe aux ateliers protégés, son appareil photo est devenu le témoin complice, amical, jamais intrusif, d’un quotidien étrangement familier.

Pour ce photographe de montagne et de sports extrêmes, la démarche s’avère inédite:  » J’avais l’habitude de photographier des athlètes sous un joli ciel bleu, de montrer des hommes et des femmes dans de belles performances. Techniquement, c’est assez pointu, mais humainement plutôt vide. Aux Perce-Neige, il fallait d’abord être là en tant qu’être humain, s’asseoir dans un coin, essayer d’être avec eux, leur toucher la main, attendre qu’ils m’acceptent. Ce qu’ils m’ont donné en retour est énorme « .

L’idée d’un tel travail a germé il y a près de 20 ans, alors qu’adolescent, ce fondu de grimpe accompagnait en randonnée des jeunes handicapés mentaux pour le compte du Club alpin suisse.  » Mais j’ai dû attendre d’avoir la maturité photographique nécessaire, de trouver la bonne distance.  » Après dix ans de reportage pour des revues spécialisées, entre deux mandats pour l’industrie, entre deux voyages en Islande – sa grande passion – le Neuchâtelois propose à l’institution des Hauts-Geneveys d’offrir un peu de son temps pour réaliser une série de 40 portraits. Quatorze d’entre eux font l’objet de l’exposition « (In) différence », présentée en février dernier au péristyle de l’Hôtel de ville à Neuchâtel, et depuis jeudi, au Club 44 à La Chaux-de-Fonds.

Le livre, « Regarde-moi », s’inscrit dans une démarche quelque peu différente dans le sens où le photographe est entré dans le monde des Perce-Neige, un monde qui avec ses 26 structures décentralisées dans tout le canton, ne se résume pas aux Hauts-Geneveys et encore moins au handicap de la trisomie.

Toute la force du travail de Patrice Schreyer est là, dans ces scènes du quotidien. Ce sont avant tout des enfants, des adolescents, des adultes et des aînés qu’il photographie  » sans cacher leur handicap, mais sans angélisme non plus « . Car ce monde de rires, de tendresse et de petits drames presque ordinaires, c’est aussi le nôtre. Tel est le message délivré sans pathos, ni didactisme aucun.

REPERES

LE LIVRE « Regarde-moi », 100 photographies de Patrice Schreyer, éditions G d’encre, disponible en édition de luxe (couverture toilée, tirage de 300 exemplaires numérotés) ou en version simple.

L’EXPOSITION  » (In) différence », Club 44, La Chaux-de-Fonds, jusqu’au 19 décembre.

LE PHOTOGRAPHE Spécialisé dans les portraits d’entreprises, Patrice Schreyer, 39 ans, s’est aussi illustré dans la photographie outdoor pour la presse européenne, tout en poursuivant un travail artistique personnel (www.patriceschreyer.com/art).

 

 

In L’impartial du 10 novembre 2012

regarde-moi

 

Dans quelques semaines, sortira le livre de photographies regarde-moi, un ouvrage édité par la Fondation Les Perce-Neige, en collaboration avec les Editions G d’Encre. Patrice Schreyer, photographe, s’est immergé pendant plusieurs mois dans les différents sites de la fondation pour saisir des instants de vie quotidienne des résidents, toujours avec tact et respect.

Ce magnifique ouvrage, bientôt disponible en édition de luxe, ou non,  présente une centaine de photographies des résidents des Perce-Neige, en noir et blanc – images qui touchent, qui interpellent et qui montrent ce que la plupart des gens ne veulent pas voir. Patrice Schreyer a su se rendre invisible, pour percevoir et mettre en relief  l’humanité qui se dégage de chacun-e, quelque soit son handicap.

En attendant la sortie de cet ouvrage le 8 novembre à l’occasion d’une exposition et d’une conférence au Club 44, Patrice Schreyer a saisi les moments-clés de la réalisation de ce livre et nous propose un reportage photo sur son site.

 

regarde-moi / Patrice Schreyer (édition reliée pleine toile, numérotée) – isbn 978-2-940501-11-3 – CHF 67.00

regarde-moi / Patrice Schreyer (édition reliée plein papier) – isbn 978-2-940501-13-7 – CHF 48.00